Câmara de Comércio França Brasil

Actualités
  1. CCFB
  2. Actualités
  3. Brésil : Meirelles tente de restaurer la confiance

Brésil : Meirelles tente de restaurer la confiance

Le ministre des Finances veut avant tout rassurer les investisseurs.

Le président Temer est toujours gêné par les affaires de corruption.

Rebondir. L'économie brésilienne, engluée dans une récession sans précédent depuis les années 1930, ne demande que cela. Henrique Meirelles, le nouveau ministre de l'Economie et des Finances, se montre confiant. « Nous sommes à un point d'inflexion. La croissance doit être au rendez-vous au cours des prochains trimestres, assure-t-il. A mon avis, ce serait une erreur de vouloir fixer une date précise, car cela dépend de toute une série de facteurs. » Car les incertitudes sont nombreuses, notamment sur le front politique.

Mais, pour cet ancien banquier, ce qui importe, c'est avant tout la méthode. Dans un premier temps, il s'agit de remettre les pendules à l'heure. A savoir, réduire les déficits et limiter la croissance des dépenses publiques. Un projet d'amendement à la Constitution doit être envoyé au Congrès ce mois-ci. Ensuite, il faudra s'attaquer aux réformes structurelles, comme celle des retraites.

« Nous devons nous concentrer sur ce qui peut nous remettre sur la voie de la croissance, sur les causes qui ont mené à la chute de l'activité, à la chute de la confiance, et commencer à prendre les mesures macroéconomiques adéquates pour que le pays reprenne le chemin de la croissance », a-t-il aḀ㸂irmé lundi aux « Echos » en marge d'une réunion avec les investisseurs de la Chambre de commerce FranceBrésil. « Prenez la question de la dette publique et celle de l'inflation - si tout cela évolue dans le bons sens, cela va aider à restaurer la confiance et à faire baisser graduellement le risque pays et les coûts de production », dit-il.

Temer sur la défensive

La méthode Meirelles est approuvée par la plupart des investisseurs. « Il confère de la crédibilité et une certaine prévisibilité auprès des milieux d'aḀ㸂aires », assure l'ancien ministre Luiz Fernando Furlan, qui préside le club de décideurs Lide. « Le moral des chefs d'entreprise reste faible, mais il commence à y avoir une amélioration. » Du côté des ménages, toutefois, la confiance n'est pas encore au rendez-vous. Le taux de chômage atteint 11,2 % en avril, en forte hausse de 42 % en un an.

Sur le terrain politique, le président par intérim, Michel Temer, est déjà dans une position délicate. En l'espace de huit jours, il a dû se séparer de deux ministres soupçonnés d'entrave à la justice dans le cadre de l'enquête « Lava Jato » sur la corruption à Petrobras. L'un d'eux, Fabiano Silveira, était même le titulaire du portefeuille de la « transparence » ! L'autre, Romero Jucá, est un proche du président. Un coup dur, juste trois semaines après sa prise de fonction. « Je veux rappeler pour la énième fois que personne ne va intervenir dans l'enquête "Lava Jato" », a souligné mercredi Michel Temer. Toutefois, les remous que les scandales successifs soulèvent au Congrès risquent de compliquer l'adoption des mesures économiques prônées par Henrique Meirelles.

Thierry Ogier, Les Echos

Correspondant à São Paulo

Retour à la liste