Conjoncture décembre 2011
L´année 2011 se termine après un ajustement indispensable réalisé par la Présidente de certaines difficultés politiques qui entraîneront, début 2011, une réforme ministérielle.
Politique, au début du mois pour la première fois la Commission d´Etique qui conseille la présidence, recommande l´exonération du Ministre du Travail Carlos Lupi. La Présidente Dilma Rousseff passe outre et maintient le Ministre, cette décision affirme son autorité et lui permet de gagner du temps. Pour le parti, le PDT, Lupi doit démissionner, car il déprécie l´image du Parti. Finalement le 4 dans la soirée le ministre Lupi rencontre la présidente Dilma Rousseff et à la fin de l´entretien donne sa démission. Le 5 le PDT force Lupi à un exil du parti, pour un temps, permettant au PDT de régler avec la présidente sa position et de conserver le ministère du travail. Le Parti des Travailleurs (PT) prétend occuper ce ministère, lorsque la Présidente réalisera sa réforme ministérielle au début de 2012. Le PDT a annoncé qu´il restait dans la majorité. Le PDT et le PT ont des discussions vives qui créent une situation délicate que la Présidente doit arbitrer. Au début de la seconde année de son mandat Dilma Rousseff prétend unir certains ministères et substituer 9 ministres.
2012, après sa gestion des 12 premiers mois, la Présidente Dilma Rousseff va débuter la seconde année de son mandat et prétend donner une autre image que celle de la démission de ministres. Elle va s´attaquer aux problèmes de gestion. Tout d´abord délier les liens qui bloquent les investissements. Dans un premier temps elle va remodeler la Maison Civile en reformulant les responsabilités pour turbiner les programmes sociaux et construire son image de la « Mère des pauvres ». Elle prétend au cours de ses contactes, lors de ses voyages, modifier son attitude, abandonner son aspect autoritaire et froid et se rapprocher du peuple qui l´écoute et l´applaudit. Dans le domaine de l´économie, elle a le défi de protéger le Brésil des retombées des problèmes du Premier Monde, Europe et USA. Jusqu`à Maintenant l´économie du pays n´a pas subit les effets qui affectent ces pays étrangers. Cependant, la Présidente et son équipe économique doivent être vigilants. Par mesure de précaution, elle va procéder á une réduction drastique des dépenses, malgré la pression pour dépenser classique au cours d´une année électorale. Elle conserve cependant les dépenses correspondant à son objectif : « Brésil sans misères. » et des actions destinées aux populations les plus démunies : postes de cadastre d´un carton du SUS (Service Unique de Santé) pour les sans abris et des citernes pour le programme de "l´eau pour tous" cet ensemble correspond à une dépense échelonnée jusqu´en 2014 de 125,7 milliards de réals. La Présidente a remarqué : « J´ai un compromis étique et moral avec les pauvres, si je ne réussis pas ma mission aura fracassé. » Enfin elle doit tenir compte de
l´observation des parlementaires de la majorité qui se plaignent : « Il y a un déficit de l´attention politique de notre gouvernement. »
La division de l´Etat du PARA en 3 Etats : Para, Tapajos et Carajas a été rejetée par les 3 états, le plébiscite réalisé le 11 décembre, a rejeté la création des 2 nouveaux états par 66% Tapajos et 67% Carajás. Cette division n´avait pas beaucoup de sens et d´intérêt et impliquait une dépense élevée pour créer toute la structure de chacun des deux nouveaux états.
Un sondage publié fin décembre donne pour la Présidente Rousseff un résultat pour sa gestion après un an : parfaite et bonne 55% et mauvaise 9%. Lula á la fin de la 1erannée de sa gestion en 2003 était approuvée par 35% et considéré mauvais par 12 %.
Le gouvernement, réduit certains impôts, en raison du ralentissement de l´activité économique, pour inciter les consommateurs à acheter. Le paquet de réduction va des macaronis à la ligne blanche, il représente pour le gouvernement de renoncer à 7,56 milliards de réals. En plus le ministre des finances Mantega réduit de 3% à 2,5% l´IOF (Impôt sur les Opérations Financières) des financements à la consommation. De même le plafond pour recevoir une aide pour le projet "Ma Maison ma Vie" est porté à 85 mille réals. Tous ces avantages visent la croissance du PIB en 2012, le gouvernement l´a fixée à 5%. Les économistes prévoient un taux compris entre 3,5 et 4%.
Mercosur, les 19 et 20 a eu lieu la réunion du Mercosur à Montevideo. Le 20 la Présidente du Brésil était présente, son discours a clôturé la réunion. Elle a signalé que les membres étaient d´accords pour élever le tarif d´importation, pour 100 produits provenant hors du groupe, à 35%. Il est indiqué dans le communiqué final que ce taux était temporaire.
Un point qui a appelé l´attention est le refus du Paraguay d´admettre le Venezuela comme membre plein du Mercosur, actuellement il n´a qu´une position d´observateur.
Paramètres Economiques, comme le Comité de Politique Monétaire (Copom) a réalisé sa dernière réunion le 29 novembre, la prochaine aura lieu au cours de la première quinzaine de janvier 2012. Le Taux Directeur de la Banque Centrale restera donc à sa valeur annuelle fixée lors de la réunion du 29, de 11%, jusqu`à la prochaine réunion du Copom.
Les premières valeurs de l´inflation publiées en décembre, le 15, l´IPCAEsp pour les 30 jours précédents est à la valeur de 0,56% relativement stable au cours des dernier mois : novembre 0,46, Octobre 0,43, septembre 0,53 et pour les derniers 12 mois 6,56%, au mois de septembre cette valeur était de 7,33%.
L´autre indice publié le 29 décembre, l´IGP-M (Indice Général des Prix du Marché) indice d´inflation des prix de gros et aussi indice d´inflation utilisé comme référence pour réajuster les loyers. En décembre il a enregistré une déflation de 0,12%, après une inflation de, 0,5% en novembre. Pour les 12 mois l´indice IGP-M accumule un taux de 5,10% contre 11,32% pour les 12 mois antérieurs.
Le taux d´inflation officielle IPCM pour l´année 2011 sera au niveau, prévisions des économistes, de 6,6% donc un peu au-dessus de la valeur haute de la fourchette objectif de la Banque Centrale, 4,5±2. L´inflation a inversé sa tendance et est sur une courbe descente mais son évolution est lente. Pour 2012 le gouvernement prévoit que le taux d´inflation sera au centre de la fourchette 4,5%, les économistes eux prévoient, 5%.
La bourse termine l´année, cumulant une chute de 18,1%, le pire résultat était en 1998 lorsque la bourse a chuté de 33,46%. En 2011 les deux meilleures options d´investissements ont été l´or avec un gain de 15,85% et le dollar qui s´est valorisé, en relation au réal, de 12,32%.
La rentabilité des différents placements, leur configuration les spécialistes confirment que l´actuelle doit se maintenir pour un certain temps avise Samy Dana, Ph.D en finances, professeur à la Fondation Getúlio Vargas de São Paulo, argumentant que : « La crise externe durera encore un certain temps et pour cette raison la bourse continuera à souffrir et ce risque pour les investissements en actions se poursuivra en 2012. »
L´éthanol, le 23 décembre, le Congrès des Etats-Unis n´a pas maintenu le droit sur l´importation d´éthanol et le subside à la production d´alcool de maïs, Cette double protection, surtout contre l´éthanol brésilien, coutait au Trésor américain 6 milliards de dollars par an. Les producteurs d´éthanol de maïs des USA sont prêts à luter. Ils ont un marché externe, car le Brésil actuellement ne produit pas assez d´éthanol pour satisfaire sa consommation et doit leur acheter de l´éthanol. Le Brésil investit pour augmenter sa production et aussi pour construire des stockages pour passer la période entre deux récoltes, mais ces investissements demanderont du temps et des capitaux.
Au début de 2012 avec un niveau dramatique d´incertitudes mondiales, le Brésil aborde l´année armé pour réaliser le difficile objectif d´atteindre une croissance des son PIB supérieure à 3%, tout en réduisant un peu son inflation et le déficit de ses comptes externes, ceci à moins d´une rupture catastrophique de la Zone Euro observent les économistes. Même si le Brésil maintient sa position actuelle qui le détache de la situation de bien des pays du Monde, il ne réussira pas en peu de temps à éliminer les goulots d´étranglement qui limite sa vitesse de croissance et handicapent son industrie que sont les problèmes de fond les plus importants : la qualité de l´éducation,
l´insuffisance d´épargne et les infrastructures. Le Brésil est classé le 6ème PIB du Monde après l´Angleterre, mais par habitant, ce qui compte, il est très loin.
Activité Economique, l´indice de confiance du consommateur croît de 0,5% en décembre en relation à novembre. Cette évolution de la confiance s´est traduit par un accroissement de l´activité des ventes au détail qui sont, chiffre encore provisoire, au moins de 5% de plus que celles de l´an dernier pour la même époque. Cette croissance de l´activité le dernier mois de l´année amorcé en novembre s´est traduit par une augmentation de l´embauche. Le taux de chômage fin novembre est de 5,2%, inférieur de 0,56% à celui de fin novembre 2010. Cette évolution de l´emploi a pour motif une reprise de la marge d´occupation supérieure à ´accélération de la croissance de la population économiquement active. En novembre la population occupée a augmenté de 1,9% lorsque la population économiquement active croissait de 1,4%¨.
La croissance du PIB devrait être plus assurée au cours des prochains mois. Une conséquence de la diminution du taux directeur de la Banque Centrale jointe aux mesures prises par le gouvernement pour stimuler l´activité : réversion des mesures de prudence prises fin 2010, augmentation des investissements du gouvernement, augmentation des financements du BNDES et réduction de l´impôt pour certains secteurs. A la fin de l´année le secteur industriel constate un certain frémissement, ses stocks commencent à baisser. Le secteur automobile a finalement battu un record, 3,426 millions de voitures et camionnettes vendues soit 2,9% de plus qu´en 2010, 3,329 millions livrées. L´objectif 2011 de la Fenabrave (Fédération Nationale de Distribution de Véhicules Automoteurs) était une croissance de +4,2%.
L´année 2012 en principe, pour les milieux économiques, devrait être meilleure que 2011 qui a été morose, c´était voulu par le gouvernement. Il savait que
l´activité du Brésil ne pouvait soutenir deux années de suite une croissance du PIB de 7% jugée alors indispensable pour gagner les élections. Avec sagesse le gouvernement a ramené la croissance à un taux supportable. Une croissance légèrement supérieure à celle de 2011 sera sans doute possible en 2012.
Jean Avril São Paulo, 31 décembre 2011
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